SOS doudou perdu !

Publié le par Ellys

BORDEAUX, 18 août 2005 (AFP) - - Face à la perte d'une peluche ou d'un doudou, vécue comme traumatisante pour les enfants voire les parents, la résistance s'organise: une société propose à présent le "tatouage" de l'objet fétiche, tandis qu'un site internet se dédie spécialement à ces "doudous perdus"."Je suis maman de cinq enfants et ne pas perdre doudou a toujours été un souci pour moi. C'est comme cela que j'ai eu l'idée d'un concept de tatouage pour identifier le doudou en cas de perte", explique Magali Himbert qui, depuis sa maison de Tarnos (Landes), a créé et gère "Doudou Tatoo".

 

Ce petit kit commercialisé permet aux parents de coudre sur la peluche une étiquette comportant un code unique, avec un numéro vert. En cas de perte, la personne retrouvant le doudou contacte la société landaise, qui retrouvera le propriétaire. "C'est conçu sur le principe du tatouage des chats et des chiens", explique Mme Himbert.

 

"Le doudou est un objet précieux pour l'enfant et le faire tatouer permet aux parents d'avoir l'esprit plus tranquille", estime cette mère de cinq enfants âgés de 2 à 22 ans.

 

Pour les fillettes comme pour les garçonnets, la perte d'un doudou est en effet souvent vécue comme un drame dont ils se souviendront longtemps.

 

C'est vers l'âge de huit mois que l'enfant commence à s'attacher à une peluche ou un chiffon particulier. Qualifié d'"objet transitionnel" par les psychologues, son rôle est de rassurer l'enfant lorsqu'il est séparé de ses parents car il fait le lien entre la famille et le monde extérieur.

 

"Pour l'enfant, c'est le double de lui-même et s'il le perd, il est amputé d'une part de lui-même et va se trouver désemparé", explique le Dr Philippe Brenot, psychiatre bordelais et directeur d'enseignement à l'université Paris V.

 

Les pertes de doudou sont courantes, en attestent les nombreuses annonces, lancées comme des bouteilles à la mer, sur le site internet "SOS Doudou" (www.sosdoudou.com).

 

"Au secours, ma fille a perdu en gare TGV de Poitiers son doudou pingouin gris et blanc avec une écharpe rouge". Des appels au secours comme celui-ci, le site en répertorie plus de 3.500... souvent accompagnées d'une photo.

 

"Le nombre d'annonces est en constante augmentation, surtout en périodes de vacances scolaires", remarque Pascal Regimbaud, qui a créé ce site au cours de l'été 2002 à Vanves (Hauts-de-Seine) pour aider sa fille Hannah qui avait perdu son lapin "chéri".

 

Les annonces sont passées à 80% par les mamans, qui espèrent retrouver au pire un doudou identique à celui perdu, et au mieux LE doudou.

 

"Chaque mois, environ 20 à 30 peluches jumelles s'échangent entre internautes, mais seuls 4 à 5 doudous perdus ont été retrouvés", explique Pascal Regimbaud, pour qui la perte d'un doudou doit être prise avec beaucoup de sérieux par les parents.

 

Le Dr Brenot n'est pas si sûr que ce genre de site soit une "bonne chose". "Je crois qu'au contraire la réalité de la vie c'est d'apprendre à affronter la perte et à faire le deuil (...). Cela va être une façon de se construire", ajoute-t-il, se demandant qui des parents ou des enfants est parfois "le plus immature".

Publié dans Point de presse

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