Les joies des companies charter...
Une centaine de passagers français qui avaient refusé d'embarquer à bord d'un charter égyptien à Hourghada, une station balnéaire de la mer rouge, l'estimant trop peu sûr, étaient samedi "au bord de la crise de nerfs" et devront attendre dimanche pour rejoindre la France.
"Nous sommes tous au bord de la crise de nerfs, pas loin de la panique", a déclaré par téléphone à l'AFP Joëlle Maltese, une Niçoise, qui fait partie de 96 touristes ayant "abandonné" le McDonnell-Douglas de la compagnie AMC-Airlines.
Après des heures d'attente, d'énervement et de tensions avec le personnel de l'aéroport égyptien, ils ont été acheminés en soirée dans des bus escortés par des policiers vers la ville voisine de Louxor. Mais ils ne pourront pas regagner Paris avant dimanche.
Samedi matin, à deux heures locales, ces passagers voyageant pour la plupart avec l'opérateur français Fram, étaient montés à bord de leur avion à Hourghada (environ 500 km à vol d'oiseau au sud du Caire) au terme de quinze jours de vacances, entre croisière sur le Nil et baignade sur la mer Rouge.
Mais tout de suite des coupures d'électricité ont provoqué une inquiétude certaine. "J'étais à l'avant, et je voyais les voyants dans le cockpit s'éteindre brutalement, et toutes les lumières de l'avion également", raconte Thierry Grossir, résidant à Troyes, dans le nord-est de la France.
Lui est descendu immédiatement, avec cinquante passagers. Les autres passagers ont accepté dans un premier temps de rester à bord de l'appareil. Mais tous l'ont finalement abandonné après une tentative avortée du commandant de bord de décoller.
"Aucune explication, une totale confusion et une atmosphère irrespirable faute d'air conditionné nous ont conduit à partir", a précisé Jeannine Hernandez, une passagère vivant à Bordeaux (sud-ouest).
Ces touristes, qui semblent venir de tous les coins de la France, se sont plaints d'une absence de communication, et même d'une tension croissante avec le personnel de l'aéroport qui souhaitait qu'ils remontent dans l'avion.
"Aucune distribution de nourriture ou d'eau pendant neuf heures, et les enfants se sentaient très mal", a affirmé Joëlle Maltese, qui fait part d'un mécontentement général à l'égard du voyagiste Fram, dont aucun représentant n'était sur place.
Selon un autre passager, Luc Mazet, résidant dans le Territoire de Belfort, une cinquantaine de touristes a accepté de remonter à bord. L'avion s'est posé à Roissy à 16H20, heure de Paris. De sources aéroportuaires égyptiennes, on estime le nombre de ces passagers à 66.
Il devait repartir pour Louxor avec 91 passagers à 17h45 locales mais a été bloqué au sol par la DGAC (Direction générale de l'aviation civile) qui, informé de l'incident du matin, a "appliqué le principe de précaution", selon l'Aéroport de Paris (ADP).
"L'avion était au roulage mais il est revenu à son point de départ, la DGAC ayant bloqué son décollage pour l'examiner" pour une durée indéterminée, a affirmé cette source.
Le voyagiste toulousain Fram, contacté par l'AFP, a souligné samedi qu'il n'était pas l'affréteur du vol, sur lequel il avait simplement acheté un fort contingent de places (107 sièges sur 163) au courtier parisien Air Masters, spécialisé sur la desserte de l'Egypte.
Cette pratique est courante, a précisé Vincent Fantini, directeur général de Fram.
En janvier 2004, 148 personnes dont 134 touristes français avaient péri dans le crash du Boeing 737 d'une compagnie charter égyptienne, Flash Airlines.
La plupart participait à un voyage organisé par Fram. Deux mois plus tard, une autre compagnie égyptienne, Louxor Air, avait été interdite de vol par les autorités françaises.