Le tour du monde en un clic sur google...

Le moteur de recherche sur internet Google est en train de réussir un brillant coup de publicité avec son nouveau logiciel offrant un tour du monde virtuel en un clic de souris, tout en explorant à basse altitude la géographie des grandes villes.
Pour insister sur le côté divertissant de "Google Earth", téléchargeable gratuitement depuis un mois à l'adresse "earth.google.com", la firme californienne a présenté sa dernière grande nouveauté comme "digne d'un jeu vidéo", avec visualisation sans passer par le disque dur et graphisme en 3D.
Quand la Terre s'affiche à l'écran, il suffit de choisir une destination, en mentionnant ville et pays, pour y voler en quelques secondes. A la verticale du lieu, la résolution des photos (prises par satellite et avion) s'affine à tel point que se dessinent bientôt les contours de places ou monuments connus.
La Cité interdite de Pékin apparaît avec une précision étonnante. On peut s'approcher, sans que l'image soit floue, à moins de 300 mètres du sol et repérer des grappes humaines. Pour retourner vers Rome et son Colisée, l'internaute survole le blanc des neiges éternelles de l'Himalaya, la Mer Caspienne, puis Ankara et Istanbul.
Seul hic, même pour les villes francophones, il faut donner l'orthographe en anglais. Ainsi Marseille écrit sans "s" à la fin emmène vers un village de Picardie, tandis que pour Bordeaux et Rennes le logiciel ne reconnaît que des communes rurales du centre-ouest de la France.
Google, qui promettait il y a un mois à chacun d'"explorer son propre quartier", reconnaît avoir davantage travaillé sur l'Amérique. Mais l'Europe continentale est "une très grande priorité", a assuré à l'AFP John Hanke, pilote de "Earth" depuis le rachat en 2004 de sa société Keyhole, à l'origine de la technologie.
Pour l'instant seuls l'Amérique du Nord et le Royaume-Uni sont couverts par la technique dite de "géocodage", qui transforme la moindre adresse en chiffres de latitude et longitude. Elle permet un atterrissage encore plus précis dans le lieu cherché, avec dans certains cas le nom des institutions ou bureaux installés dans la rue.
Aux Etats-Unis, "les immeubles de 38 métropoles peuvent être vus en 3D", poursuit John Hanke, ce qui a déjà séduit des agents immobiliers souhaitant afficher, avant même le descriptif des logements, leur localisation en ville.
Même si une version "Google Earth Pro" pour usage commercial est déjà vendue 400 dollars par an, le logiciel ne sera pas une importante source de revenus avant que Google en ait fait un nouveau moyen de drainer de la publicité, sa manne vitale.
"Nous incorporerons la publicité à un moment ou un autre dans l'avenir", déclare M. Hanke.
La nouvelle application est d'abord un outil de marketing "vraiment bien conçu", souligne Scott Kessler, qui suit Google pour l'agence financière Standard and Poor's. En offrant de survoler le globe, "le groupe montre que sa marque est internationale", ajoute-t-il. "A terme il réalisera le plus gros de sa croissance hors des Etats-Unis".
Selon Gary Price, du site spécialisé SearchEngineWatch, "c'est une application +cool+ qui entretient l'idée que Google fait des choses +cool+".
Rarement une telle somme de vues aériennes avait été compilée, poursuit-il, mais "je ne suis pas sûr que cela soit une percée technologique, Microsoft propose depuis des années des images satellite (des Etats-Unis) sur le site TerraServer".
Le numéro un mondial du logiciel vient juste de répliquer à Google avec un produit similaire associant des vues par satellite et plans de ville à la recherche d'un lieu. MSN Virtual Earth existe pour l'instant sous une version expérimentale.