Discovery
La navette Discovery est prête mais son lancement prévu mercredi est désormais menacé par les orages, faisant monter la tension au centre spatial Kennedy à la veille du premier vol depuis l'accident de Columbia il y a 30 mois.
Les préparatifs de départ se déroulent comme prévu. "Le véhicule est prêt, l'équipe est prête, je pense que le pays est prêt et j'espère que la météo est prête", a déclaré mardi Jeff Spaulding, responsable des tests préalables au lancement.
Les probabilités de conditions météorologiques favorables sont désormais de 60%, en légère dégradation en raison de risques accrus de formations orageuses mercredi à l'heure du lancement (15H51 - 19H51 GMT) autour du centre spatial Kennedy près de Cap Canaveral (Floride, sud), a expliqué Kathy Winters, météorologue du lancement.
La Nasa ne peut pas lancer si un orage se forme dans les 20 milles marins (37 km) du centre Kennedy car les champs électromagnétiques pourraient interférer avec une procédure d'atterrissage d'urgence si la navette connaissait des problèmes durant son ascension.
Un plafond nuageux trop épais "pourrait aussi arrêter le lancement", a précisé Mme Winters. Les nuages pourraient empêcher les caméras de la Nasa de suivre la progression de la navette pour détecter tout dommage subi pendant le tir, pour éviter une répétition du drame de Columbia, endommagée au décollage et qui s'était désintégrée à son retour sur Terre le 1er février 2003.
Les 12 tonnes d'équipements et ravitaillement destinés à la Station spatiale internationale (ISS) sont installés dans la soute de Discovery et "nous ne rencontrons aucun problème", a pour sa part commenté mardi Scott Higginbotham, responsable de la charge utile.
La légère dégradation météorologique tempère l'euphorie qui régnait jusqu'à lundi soir au centre spatial.
"Il est temps de vous préparer, je crois que nous sommes en route", lançait alors le responsable de la navette spatiale, Bill Parsons, aux occupants de l'ISS.
"C'est comme si c'était Noël qui arrivait", a renchéri Wayne Hale, l'adjoint de M. Parsons.
"Nous sommes prêts à reprendre les vols" a confirmé M. Hale. Il estime que la Nasa a "atteint un niveau acceptable de risque", tout en admettant que "le vol spatial comporte des risques".
La Nasa est confiante sur la sécurité de sa navette modifiée pour tenir compte des leçons de l'accident. Les plus gros changements concernent le réservoir externe dont un morceau d'isolant s'était détaché au lancement de Columbia, endommageant son aile gauche et causant sa perte.
La Nasa a aussi reformé ses structures. "Les employés ont beaucoup plus de moyens pour soumettre les problèmes à l'équipe de direction", a dit M. Hale.
Cette 114e mission vise à tester les nouvelles procédures et équipements en place depuis l'accident et à livrer des pièces de rechanges et du ravitaillement à l'ISS. Si la navette est lancée mercredi, elle devrait revenir se poser au centre Kennedy le 25 juillet.
Si la Nasa n'était pas en mesure de lancer mercredi, la situation météorologique serait identique jeudi et vendredi, avec 60% de chances de conditions satisfaisante.
La Nasa a la possibilité de tenter trois lancements en quatre jours avant de devoir interrompre toute tentative pendant 72 heures pour remettre la navette et le centre de lancement en état.
Chaque jour, la fenêtre de tir s'ouvre 23 minutes plus tôt dans la journée.
Pour être placée sur une orbite lui permettant de rejoindre l'ISS, Discovery ne peut être lancée qu'entre le 13 et le 31 juillet. Si elle devait rater son rendez-vous, la prochaine fenêtre irait du 9 au 24 septembre.